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“Ne nous pleurez pas” par Jim SinclairLes parents racontent souvent que d’apprendre que leur enfant était autiste fut la chose la plus traumatisante qui ait pu leur arriver. Les personnes non autistes voient l’autisme comme une grande tragédie, et les parents connaissent une déception et un chagrin permanent à toutes les étapes du cycle de vie de l’enfant et de la famille. Mais ce chagrin ne provient pas de l’autisme de l’enfant en lui-même. C’est le chagrin de la perte de l’enfant normal que les parents avaient espéré et attendu. Les attitudes et les attentes des parents, et l’écart entre ce que les parents attendent des enfants à un âge particulier et le développement réel de leur propre enfant, provoquent plus de stress et d’angoisse que les problèmes pratiques de la vie avec une personne autiste.

Une certaine dose de chagrin est naturelle afin que les parents s’adaptent au fait qu’un événement et une relation qu’ils avaient attendus avec joie ne va pas se réaliser. Mais ce chagrin à propos d’un enfant normal qu’ils avaient imaginé doit être différencié des perceptions qu’ont les parents de l’enfant qu’ils ont réellement: l’enfant autiste, qui a besoin du soutien des adultes et qui peut établir des relations pleines de sens avec ces adultes si on lui en donne l’occasion. Le fait de se focaliser sur l’autisme de l’enfant comme source de chagrin est dommageable tant pour les parents que pour l’enfant, et cela empêche l’acceptation et la relation authentique entre eux. Pour leur propre intérêt et pour l’intérêt de leur enfant, j’encourage les parents à changer radicalement leurs perceptions de ce que signifie l’autisme.

Je vous invite à regarder notre autisme, et à regarder votre chagrin de notre point de vue :

L’autisme n’est pas un appendice

L’autisme n’est pas quelque chose qu’une personne a, ou une « coquille » dans laquelle une personne est enfermée. Il n’y a pas d’enfant normal caché derrière l’autisme. L’autisme est une manière d’être. Il est envahissant; il teinte toute expérience, toute sensation, perception, pensée, émotion, tout aspect de la vie. Il n’est pas possible de séparer l’autisme de la personne… et si cela était possible, la personne qui vous resterait ne serait pas la même personne que celle du départ. C’est important, aussi prenez un moment pour y réfléchir : l’autisme est une manière d’être. Il n’est pas possible de séparer la personne de l’autisme. Aussi, quand les parents disent : « Je voudrais que mon enfant n’ait pas d’autisme » ce qu’il disent vraiment, est : « Je voudrais que l’enfant autiste que j’ai n’existe pas, et avoir un enfant différent (non-autiste) à la place. »
Relisez cela. C’est ce que nous entendons quand vous dites être affligés par notre existence. C’est ce que nous entendons quand vous priez pour une guérison. C’est ce que nous comprenons quand vous parlez de vos espoirs et de vos rêves les plus chers en ce qui nous concerne : que votre plus grand souhait est qu’un jour, nous cessions d’être et que des étrangers que vous puissiez aimer apparaissent derrière nos visages.

L’autisme n’est pas un mur impénétrable

Vous essayez d’entrer en contact avec votre enfant et l’enfant ne réagit pas. Il ne vous voit pas, vous ne pouvez pas l’atteindre, il n’y a rien qui passe. C’est la chose la plus dure à supporter, n’est-ce pas ? La seule chose, c’est que ce n’est pas vrai. Reconsidérez cela vous essayez d’entrer en contact de parent à enfant, et vous utilisez pour cela votre propre compréhension des enfants normaux, vos propres sentiments sur la parenté, vos propres expériences et intuitions à propos des relations. Et l’enfant ne réagit d’aucune manière que vous puissiez reconnaître comme faisant partie de ce système. Cela ne veut pas dire que l’enfant est totalement incapable d’avoir des contacts. Cela signifie seulement que vous adoptez un système commun, une compréhension commune de signes et de significations qu’en fait l’enfant ne partage pas. C’est comme si vous tentiez d’avoir une conversation amicale avec quelqu’un qui ne comprend pas votre langue. Bien entendu, la personne ne comprendra pas de quoi vous parlez, ne répondra pas de la manière que vous espérez, et trouvera peut-être bien toute l’interaction déroutante et déplaisante.
Il faut faire plus d’efforts pour communiquer avec quelqu’un dont la langue maternelle n’est pas la même que la vôtre. Et l’autisme est ancré plus profondément que la langue et la culture; les personnes autistes sont des « étrangers » dans quelque société que ce soit. Vous allez devoir abandonner vos hypothèses sur le partage des significations. Vous allez devoir apprendre à revenir à des niveaux bien plus élémentaires que vous n’auriez probablement jamais imaginés auparavant, à traduire, et à vous assurer que vos traductions sont bien comprises. Vous allez devoir abandonner la certitude, venant du fait d’être sur votre propre territoire familier, que vous savez prendre soin de votre enfant, et laisser votre enfant vous apprendre un peu de son langage, et vous guider un peu vers son monde à lui. Et le résultat, si vous réussissez, ne sera pas encore une relation parent-enfant normale. Votre enfant autiste peut apprendre à parler, peut avoir une scolarité ordinaire, peut aller au collège, conduire une voiture, vivre de manière indépendante, avoir un métier… il n’aura jamais avec vous les mêmes relations qu’ont les autres enfants avec leurs parents. Votre enfant peut aussi ne jamais parler, peut aller dans une école d’enseignement spécial et travailler en atelier protégé ou être placé dans une institution, il peut avoir besoin, sa vie durant, de soins et de supervision… sans pour autant être complètement hors d’atteinte pour vous. Nos manières d’entrer en relation sont différentes. Insistez sur les choses que vos attentes considèrent comme normales, et vous rencontrerez de la frustration, de la déception, du ressentiment, peut-être même de la rage et de la haine. Approchez respectueusement, sans préjugés, et ouverts à apprendre de nouvelles choses, et vous trouverez un monde que vous n’auriez jamais pu imaginer.
Oui, cela demande plus d’efforts que d’entrer en relation avec une personne non autiste. Mais c’est possible… à moins que les personnes non autistes soient bien plus limitées que nous dans leurs capacités à communiquer. Nous passons notre vie entière à le faire. Chacun d’entre nous qui apprend à vous parler, chacun de nous qui réussit à fonctionner un tant soit peu dans votre société, chacun de nous qui arrive à sortir de lui-même et à établir le contact avec vous, opère en territoire étranger, entre en contact avec des êtres étranges. Nous passons notre vie entière à faire cela. Et après, vous nous dites que nous ne sommes pas capables d’entrer en relation.

L’autisme n’est pas la mort

Pour sûr, l’autisme n’est pas ce à quoi la plupart des parents s’attendent ou ce qu’ils espèrent quand ils anticipent l’arrivée d’un enfant. Ce qu’ils espèrent, c’est un enfant qui sera tout comme eux, qui partagera leur monde et communiquera avec eux sans que cela nécessite un entraînement intensif sur le terrain en matière de contacts avec des étrangers. Même si leur enfant présente un handicap autre que de l’autisme, les parents espèrent être capables d’entrer en relation avec cet enfant avec des mots qui leur semblent normaux; et dans la plupart des cas, même en tenant compte des limites de nombreux handicaps, il est possible de créer le genre d’attachement que les parents avaient espérés. Mais pas quand l’enfant est autiste. Une grande partie de l’affliction des parents est due à l’absence d’apparition de la relation qu’ils espéraient avec un enfant normal. Ce chagrin est très réel, et il faut s’y attendre et le gérer pour que les personnes puissent continuer leur vie… Mais cela n’a rien à voir avec l’autisme. Cela revient en fait à ce que vous espériez quelque chose qui était terriblement important pour vous, et que vous l’envisagiez avec une grande joie et une grande excitation, et peut-être que pendant un instant vous avez pensé que vous l’aviez réellement… Et puis, peut-être progressivement, peut-être de manière abrupte, vous avez dû reconnaître que la chose que vous envisagiez ne s’était pas produite. Que cela ne va pas arriver. Qu’importe le nombre d’autres enfants normaux que vous avez, rien ne changera le fait que cette fois, l’enfant que vous attendiez, espériez et aviez programmé et auquel vous aviez rêvé n’est pas arrivé. C’est ce même sentiment qu’éprouvent les parents quand un enfant est mort-né ou qu’ils l’ont pour un court moment et le voient mourir dans sa prime enfance. Cela n’a rien à voir avec l’autisme, cela concerne plutôt des espérances brisées. Je pense que les meilleurs endroits où adresser ces personnes ne sont pas les organisations qui s’occupent d’autisme, mais les services de consultations pour parents en deuil d’un enfant et les groupes de soutien. Là, les parents apprennent à faire face à leur perte… pas à l’oublier, mais à la laisser dans le passé, d’où le chagrin ne les frappe pas à tout moment de leur vie active. Ils apprennent à accepter que leur enfant soit parti, pour toujours, et qu’il ne reviendra pas. Plus important encore, ils apprennent à ne pas transposer leur chagrin pour l’enfant perdu sur leurs enfants vivants. C’est d’une importance capitale quand l’un de ces enfants vivants est né précisément au moment où l’enfant que l’on pleure est décédé.

Vous n’avez pas perdu un enfant par l’autisme. Vous avez perdu un enfant parce que l’enfant que vous attendiez n’a jamais vu le jour. Ce n’est pas la faute de l’enfant autiste qui existe, et cela ne devrait pas être notre fardeau. Nous avons besoin et nous méritons des familles qui nous regardent et nous apprécient pour ce que nous sommes, pas des familles dont la vision qu’elles ont de nous soit obscurcie par les fantômes d’enfants qui n’ont jamais existé. Désolez-vous si vous en ressentez le besoin pour vos propres rêves perdus. Mais ne nous pleurez pas. Nous sommes vivants, nous sommes réels et nous sommes ici, en train de vous attendre.

C’est ce que je pense que les associations concernées par l’autisme devraient faire : ne pas se lamenter pour ce qui n’a jamais existé, mais plutôt découvrir ce qui est. Nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de votre aide et de votre compréhension. Votre monde n’est pas très ouvert à notre égard et nous ne le changerons pas sans un soutien important de votre part. Oui, il y a bien une tragédie qui apparaît avec l’autisme : pas à cause de ce que nous sommes, mais à cause des choses qui nous arrivent. Soyez tristes pour cela si vous tenez à être tristes pour quelque chose. Plutôt que d’être tristes pour cela, mettez-vous en colère… et faites quelque chose. La tragédie n’est pas que nous soyons là, mais que votre monde n’ait pas de place pour nous. Comment peut-il en être autrement tant que nos propres parents se lamenteront de nous avoir mis au monde ?

Regardez un peu votre enfant autiste et prenez un moment pour vous dire qui cet enfant n’est pas. En vous-même, pensez : « Ce n’est pas l’enfant que j’espérais et prévoyais. Ce n’est pas l’enfant que j’ai attendu tout au long de ces mois de grossesse et ces heures de travail. Ce n’est pas l’enfant avec lequel je projetais de partager toutes ces expériences. Cet enfant n’est jamais venu. Ce n’est pas cet enfant ». Ensuite, lamentez-vous si vous en ressentez le besoin – en dehors de l’enfant autiste – et commencez à apprendre à vous laisser aller.

Quand vous aurez commencé à vous laisser aller, revenez et regardez à nouveau votre enfant autiste, et dites-vous : « Ce n’est pas l’enfant que j’espérais et prévoyais. C’est un enfant extraterrestre qui a atterri dans ma vie par accident. Je ne sais pas qui est cet enfant ni ce qu’il deviendra. Mais je sais que c’est un enfant, échoué dans un monde étranger, sans parents de son espèce pour prendre soin de lui. Il a besoin de quelqu’un pour s’occuper de lui, pour lui apprendre, pour lui servir d’interprète et pour le défendre. Et parce que cet enfant étranger est apparu dans ma vie, ce travail m’incombe si je le veux bien ».

Si cette perspective vous enthousiasme, alors rejoignez-nous, dans la force et la détermination, dans l’espoir et la joie. Cette aventure de toute une vie est devant vous.

Jim Sinclair, 1993

(texte traduit de l’anglais)

Cet article a été publié dans la lettre d’information de « Autism Network International « , « Our Voice », Volume l, Numéro 3, 1993. Il s’agit de la ligne générale d’un exposé fait par Jim Sinclair, un autiste de haut-niveau, à la conférence internationale sur l’Autisme à Toronto. II s’adresse principalement aux parents.
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“Ne nous pleurez pas” par Jim Sinclair

Le Monde d'AspergerIntroduction :

Comme il m’apparaît que le syndrome d’Asperger a tendance à laisser perplexe pas mal de personnes et que j’en suis moi-même atteinte, je voudrais ici essayer de décrire de manière non exhaustive notre façon de penser et de nous situer dans le monde. Ce que je livre comme informations dans ce petit article ne fait pas du tout le tour du syndrome (on pourrait écrire des dizaines de livres sur le sujet sans même commencer à y voir clair), et, sans doute, tous les Aspergers n’y retrouveront pas totalement leurs petits, j’essaye juste de donner une vague idée de ce que cela peut impliquer, en partant de moi et des autres Aspergers que j’ai rencontrés. J’espére que ceci permettra de lever, ne fut-ce qu’un tout petit peu, le voile qui occulte le phénomène.

1. Asperger et la vie affective

Asperger n’a pas ou très peu besoin des autres, il ne se raccrochera pas à quelqu’un pour que celui-ci s’occupe de lui. Si l’autre a besoin de partir, il le laissera partir. Il ne comprend pas que l’on puisse avoir besoin de lui au point de faire pression pour qu’il renonce à faire ce qu’il a à faire parce qu’on ne sait pas se passer de lui. Il ne fera jamais, lui, pression sur l’autre pour passer avant le reste parce qu’il ne saurait pas se passer de cet autre. Il respecte le besoin de l’autre et aspire à ce qu’on respecte son besoin à lui.

Asperger n’a pas d’antagonisme. Il ne peut penser en terme d’ennemis. Il croit tout le monde bien intentionné.

Asperger a besoin d’affection mais pas de grandes démonstrations. Il lui suffit de sentir que l’autre a plaisir à être et communiquer avec lui. Il n’a pas besoin d’autres preuves.

Asperger n’a pas le sens de la séduction. Il ne sait pas comment ça fonctionne ni à quoi ça sert. Ou alors il est bien avec l’autre et il le dit, ou alors il n’est pas bien avec l’autre et il le dit aussi. Ce n’est pas compliqué.

Asperger ne comprend pas du tout pourquoi il y a des gens importants et des gens pas importants, pourquoi il y a des vies humaines qui comptent plus que d’autres et qui « méritent » plus de vivre que d’autres. Il ne comprend pas pourquoi ce n’est pas important qu’il y ait des gens qui meurent de faim alors que d’autres ont plus qu’il ne leur faut. Pour lui, tout le monde est très important. Il n’y a pas de hiérarchie dans son esprit. Pour lui, une personne qui a faim est plus importante que les membres de sa famille car eux ont à manger. Il lui accordera plus d’attention. Cela n’a rien à voir avec ses sentiments d’affection. Les gens qu’il aime ne sont pas plus importants que les autres. Il peut avoir plus d’affinité avec certains, mais ne leur accordera pas plus de droits pour autant.

2. Asperger et les autres

Asperger, dans le monde des non asperger, se heurte toujours à des conventions qui servent aux non asperger à cacher leurs sentiments pour ne pas déranger les autres. Ces derniers ne se dévoilent qu’avec leurs intimes. Asperger n’a pas de telles conventions, dans son univers, tous sont intimes et l’on peut se dévoiler avec n’importe qui, car l’on sait que cela ne heurtera personne. C’est normal. Tous les aspergers sont des partenaires et il y a une compréhension innée et une acceptation automatique de l’autre. Pour Asperger, le jugement est quelque chose qui n’a pas de sens.

Quand Asperger fait une critique à quelqu’un, ce n’est pas parce qu’il juge le comportement de l’autre ou parce qu’il est dérangé, ni parce qu’il trouve l’autre mauvais, pour lui il n’y a ni bons ni mauvais, c’est simplement parce qu’il le remarque et qu’il pense que l’autre a envie d’en être conscient pour se corriger. Quand on fait une critique à Asperger, il se dit : « Tiens, je fais ça ! Il faut que je me surveille. » Et il dit merci car il a appris quelque chose sur lui-même.

Il est incompréhensible pour Asperger que les autres soient furieux quand il dit des choses sur eux qui lui paraissent évidentes. Il ne comprend pas pourquoi ils sont vexés. Si c’est vrai, pourquoi se le cacher ? Comment se corriger et se perfectionner si l’on refuse d’accepter ce que l’on est ? Quand il dit quelque chose à quelqu’un, c’est pour aider l’autre à mieux se connaître et à mieux évoluer. Il veut bien faire et la réaction de colére le dépasse. Si on lui dit quelque chose à lui, il ne trouve pas cela blessant, mais utile. Prendre des pincettes, pour lui, n’a aucun intérêt.

Asperger, dans la communication, n’accorde pas d’importance aux états d’esprit, que ce soient les siens propres ou ceux des autres. Il peut les communiquer à titre d’information, mais pour faire comprendre ce dont il a besoin. (Par exemple : il a envie d’avoir la paix). Autrement, son grand plaisir est de communiquer des informations objectives sur ce qu’il connaît et ce qu’il attend des autres, ce sont des informations objectives sur ce qu’ils connaissent. Mais il est généralement très peu intéressé par lui-même, c’est le monde qui l’intéresse. Il ne ressent qu’indifférence pour son propre état d’esprit ou celui des autres du moment qu’il peut communiquer des informations qui lui semblent utiles.

Asperger est incapable d’accorder plus d’attention aux gens dits « importants » (autorités) qu’aux autres, il parlera de la même façon à quelqu’un qui a beaucoup de pouvoir ou à quelqu’un qui n’en a pas du tout. Pour lui, c’est du pareil au même. Tout le monde a le même statut.

Dans le monde d’Asperger, il n’y a pas de plus fort ou de meilleur. C’est une notion qui n’a aucun sens. Tout le monde est différent et personne n’est supérieur à personne. Chacun a ses spécificités et toutes sont complémentaires. Les rapports de force le laissent démuni. Il ne comprend pas la compétition, cela lui semble contre-productif. Il n’y a pas de supérieur ni d’inférieur, juste des complémentarités.

Asperger ne se plie pas aux exigences des autres à partir du moment où ces exigences lui semblent nuisibles, même si sa vie en dépend. Il est incapable de faire du mal à qui que ce soit. Il aime la vie et toutes ces choses passionnantes qui l’entourent et dont il faut comprendre les mécanismes. Il étudie son environnement avec passion, mais sans parti pris.

Transmettre l’information est une nécessité pour Asperger.

3. Asperger et lui-même

Asperger vit dans un monde où il n’y a ni bons ni mauvais. Il n’y a que des gens qui font ce qu’ils ont à faire, qui sont tous différents et qui ont tous quelque chose à apporter. Asperger aime tout le monde et ne juge personne. Il n’a pas de haine, pas de rancœur et pas de jalousie. Il est bien avec lui-même tel qu’il est. Ce qui lui fait mal, c’est le rejet, l’indifférence et les procés d’intention.

Asperger ne considère pas qu’on ait des obligations personnelles envers lui, chacun fait ce qu’il a à faire et le monde tourne tout seul au bénéfice de tous. Il est déconcerté quand quelqu’un lui impose des obligations.

Asperger se moque complètement d’être « reconnu » par la société. Il est lui et cela lui suffit. Dans son monde, il n’y a de jugement ni positif ni négatif. Il n’y a que des gens qui ont tous la même valeur. Il fait ce qu’il doit faire et il est en accord avec lui-même. Il lui est, de même, indifférent d’être considéré comme « anormal ». C’est un « fait » pour lui d’être différent des autres et cela ne le dérange pas. Il se prend comme il est. Il n’a pas de probléme pour assumer sa différence et qu’on le trouve bizarre ne l’émeut pas. Il trouvera plutôt cela intéressant à étudier. Pour lui, de toutes façons, tout le monde est différent.

Parfois, Asperger a besoin d’avoir la paix, car il se passe des choses importantes pour lui dans sa tête. Et alors, il dira aux autres brutalement : « je veux qu’on me foute la paix ». Même si les autres ont besoin de lui parler, il ne fera plus attention à eux et il risque d’être désagréable si on insiste. Il lui est incompréhensible que les autres ne comprennent pas son besoin et qu’ils aient tout le temps besoin de communiquer et de se parler pour dire des choses qui n’ont pas valeur d’information.

4. La façon de penser d’Asperger

Asperger a une réflexion non émotionnelle. Il accumule les faits ou les données. Ses sentiments n’ont rien à voir pour lui avec son analyse, ça n’interfére pas. (Enfin, le moins possible). Si les faits heurtent les sentiments, ce sont les sentiments qu’il met de côté.

Asperger fait toutes sortes de choses, non pas parce qu’elles ont de l’intérêt pour lui, mais car elles doivent être faites pour que le monde tourne et que chacun puisse satisfaire ses besoins, apporter son écot aux autres et s’épanouir et se perfectionner. Pour Asperger, chaque individu est une fin en soi et jamais un moyen d’arriver à ses propres fins.

5. La douleur d’Asperger

Asperger, pour survivre dans un monde non asperger, doit passer son temps à réfréner ses pulsions, envies, pensées, sentiments, parce que leurs exigences l’empêchent de se laisser aller à être lui-même. C’est pour cela qu’il sombre parfois dans la dépression.

Un monde où Asperger ne peut penser qu’ à lui, où il doit n’avoir comme seul but que son intérêt personnel, où il doit tout le temps tricher pour obtenir ce dont il a besoin, où il doit marcher sur les pieds des autres ou leur faire violence et ne pas les respecter est un monde horrible à vivre. Pour lui, l’humanité est un réseau dont chacun est un élément et où l’antagonisme, les intérêts contradictoires n’existent pas.

Conclusion

Asperger n’est pas un handicap en soi, il ne l’est que dans un contexte où il est minoritaire, dans un environnement de gens qui ne le comprennent ni ne l’apprécient et où lui-même ne comprend pas les autres.

Estelle Louckx (en 2004)

Source
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Le Monde d'Asperger

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Je reconnais beaucoup ma fille...

L'Association Collectif Atypique souhaite un merveilleux dimanche à toutes les mamans ! 💙

Une pensée spéciale à toutes celles qui sont parmi nous.

#FêteDesMères
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LAssociation Collectif Atypique souhaite un merveilleux dimanche à toutes les mamans ! 💙

Une pensée spéciale à toutes celles qui sont parmi nous.

#FêteDesMères

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Membres de collectifs atypiques Un de mes fils a dit que je étais une maladie a moi toute seule Il n a pas tord Ma mère soutient toutes les ONG possibles autrement dit j' ai des entrées un peu partout J ai engagé des démarches réelles et sérieuses contre le père de mes enfants qui a été soutenu par son père psychologue de la éducation nationale et sa mere une femme qui faisait de la politique qui m a ramené un arlequin de Roumanie dans les années 90 Alors je ne sais pas ce que je suis mais sur que je rentre dans le champs de la neurologie en 87 Comprendre pour agir C est le slogan de la université populaire Savoie Mont Blanc Mes enfants m ont rendu mère ils sont dans le sillon de cette femme parce qu ils ont le patronyme du père J étais tellement fière heureuse d'être sa femme...mon mâle a dit et je l ai même quitté pour qu il soit heureux et vive sa vie... Et d aucuns m ont jugé et enfermé même Mon histoire C est le histoire de la vie 💕

Merci

Merci ! Bonne fête aux mamans de chez vous.

merci !!

Merci. Chez vous aussi

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Le syndrome d’Asperger à l’âge adulteLe Syndrome d’Asperger est sans aucun doute le plus médiatisé des TSA depuis ces dernières années : il attire, étonne et intrigue autant qu’il est incompris.

Alors qu’il bénéficie d’une image fascinante, il reste un syndrome invalidant qui n’est pas toujours reconnu et soutenu comme tel.

Il s’agit d’une pathologie complexe dont la nosographie est mal définie, impliquée dans des conflits de frontières entre entités. Il n’existe pas de « gold standard » diagnostique mais plutôt une coprésence variable de signes cliniques. Son diagnostic demande une réelle démarche clinique psychiatrique et celle-ci doit être préservée pour éviter des erreurs diagnostiques.

Le syndrome d’Asperger est un trouble du développement neurologique qui touche le traitement de l’information issue de l’environnement et l’adaptation à celui-ci.

C’est un handicap invisible, notamment social, qui implique de nombreux désordres relationnels et émotionnels.

Une manière d’être différente, parfois bizarre, une présentation décalée, une perception atypique de l’environnement, un raisonnement logique mais dépourvu de sens commun sont tous des éléments en faveur du syndrome d’Asperger.

Ces signes cliniques sont nombreux mais mal définis par la littérature. A l’âge adulte, le repérage de ces signes est donc difficile pour le clinicien non familiarisé avec le syndrome d’Asperger et confronté à une entité diagnostique aux limites incertaines.

Ainsi nombreux sont les adultes Asperger passés inaperçus, pour lesquels a été diagnostiquée une toute autre pathologie psychiatrique. A l’inverse, pour certains cliniciens, ce diagnostic est devenu un recours face à des tableaux atypiques.

Le diagnostic de syndrome d’Asperger est donc complexe et spécifique. Malgré tout, il est de plus en plus questionné. Or celui-ci nécessite une expérience clinique précise pour faire face à une hétérogénéité syndromique importante notamment par des profils psychiques différents, des comorbidités associées ou des diagnostics différentiels aux frontières cliniques étroites.

Cette thèse a pour objectif d’illustrer la diversité psychopathologique d’une même unité syndromique qu’est le syndrome d’Asperger. Face à des présentations cliniques variées et spécifiques qui complexifient le diagnostic, ce travail souligne l’importance d’une démarche diagnostique pluridisciplinaire et notamment d’un travail psychiatrique spécialisé.

Thèse: Le syndrome d’Asperger à l’âge adulte : aspects cliniques psychiatriques d’un diagnostic complexe. (par le Dr Claire Corfiotti-Magnuszewki)
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Le syndrome d’Asperger à l’âge adulte

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Dérangeant ? Je ne connais que 2 aspis ils m'ont toujours fasciné en quelque sorte parce que je n'ignore pas leur souffrance

Qu'est ce que l'aspergité“Aspergité” est un néologisme signifiant "état d’une personne répondant au syndrome d’Asperger", lequel est une forme légère d'autisme, et surtout sans déficience mentale.

Hans ASPERGER étant ce génial médecin autrichien qui a observé et décrit (vers 1940) des enfants qui étaient un peu autistes, mais pas tout à fait autistes.

Est ce une maladie ?

La notion de syndrome d’Asperger correspond à la description médicale de l’aspergité, un syndrome étant une liste de symptômes dont l’accomplissement d’un certain nombre permet établissement d’un diagnostic.

Un médecin dit « ce qui définit une maladie - dysfonctionnement de l’organisme - ce n’est pas ce dysfonctionnement proprement dit mais la souffrance que ressent et qu’exprime le patient. »

Cela parait est un peu arbitraire (et l’on comprend mieux avec cette définition, que les psychanalystes se sentent grands médecins), et surtout ambiguë pour les non-médecins, pour qui maladie est plutôt synonyme de souffrance physique , et de « vite, il me faut un médicament» ou « qu'on me donne un traitement».

Qu'en est-il du Syndrome d' Asperger ? maladie physique ? maladie mentale ? pas maladie ?

Pourquoi ce néologisme ?

Si on apprend au fil du temps à en atténuer les effets, si bien sur des techniques bienveillantes (d' origine médicale ou non) peuvent aider lors des moments délicats,

on ne guérit pas du syndrome d’asperger, et c'est donc bien d’un état qu'il s'agit, d’un état irréversible, un état donné à la naissance.

Tout individu naît "asperger" ou "non asperger" ; il le demeurera toujours, mais il n'y a rien de tragique à naître d'un coté ou de l'autre, comme il n'y a rien de tragique à naître blanc ou noir, ou jaune.

Aspergité est donc un mot intéressant puisqu’il permet de se libérer de cette notion de maladie, pour considérer la vie d’un Asperger dans son ensemble.

Concepts et formulations

"Etre asperger, autiste" ou "avoir le syndrome d' asperger, de l'autisme" ?

Les aspergers disent plutôt "être", on trouve aussi des "avoir", et ces deux expressions sont absolument préférables aux "atteints du Syndrome d’Asperger" ou pire "victimes du SA", ... que l'on rencontre dans de nombreux écrits de source non-aspergers.

Aspi

Une abréviation plutôt d'origine anglo-saxonne, ou canadienne. Il y a risque de connotation sectaire , ou de pitié gentillette, .... , bref , sauf exception, vous ne la verrez pas sur ce site.

Aspergirl

Cette appellation est beaucoup plus amusante, et a été inventée par une américaine Rudy Simone, dans son excellent livre "L'asperger au feminin".

Neurotypique ( et par extension le syndrome neurotypique )

Signifiant littéralement "avec cerveau normal" , ce terme désigne les non autistes par opposition à ceux -ci. L'origine en est souvent attribué aux autistes, mais je ne sais pas pourquoi, je doute de cette origine, et de son objectivité.

Ainsi, employer le terme exact et totalement non subjectif de "non autiste" me parait largement préférable, en l'absence de mieux .

"Non-A" est très tentant mais le génial écrivain de fictions Van Vogt, l'ayant déjà utilisé pour décrire une notion absolument opposée à celle de "non autisme", vaut mieux que je m'abstienne

Importance des formulations

Les anglo-saxons utilisent de mots distincts pour exprimer certaines nuances en relation avec le handicap en général

Ils semblent aussi pratiquer plus l'intégration des handicapés à l’école et dans la société , et de façon général être plus tolérant, plus naturellement.

Il y a t-il relation de cause à effet ?

Source provenant du site www.aspergers-depuis-la-nuit-des-temps.org/
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Qu'est ce que l'aspergité

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Il faut vraiment que les gens s'informent davantage, c sidérant qd même, par contre un con je sais toujours pas ce que c'est 😂

À lire pour mieux comprendre le syndrome d’Asperger .

Est-ce la simplicité du message, celui d’une déclaration d’amour d’une sœur à son frère ? Ou bien la volonté d’abattre les idées reçues sur les autistes Asperger ? Toujours est-il que le petit film de Charlotte Arnoult a touché en plein cœur le jury Le Projet Moteur.

Et nous aussi à l'Association Collectif Atypique, nous avons adoré ce petit film et ce serait avec grand plaisir que nous souhaiterions remercier Charlotte et son frère. En attendant, on vous repartage le film avec grand bonheur.
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Dommage qu’il soit présenté sous l’appellation « le frère de Charlotte ».

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